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La diversité culturelle, priorité du dialogue entre les Etats
La déclaration universelle sur la diversité culturelle, adoptée à l’unanimité par les Etats membres représentés à la 31e session de la conférence générale de l‘UNESCO, en 2001, a constitué l’acte fondateur d’une nouvelle éthique promue par l’organisation, permettant ainsi à la communauté internationale de réaffirmer sa conviction que le respect de la diversité culturelle et du dialogue interculturel représente le meilleur gage du développement et de la paix à l’aube du XXIe siècle. Le message du Directeur général de l’UNESCO, à l’occasion de la journée mondiale de la diversité culturelle pour le dialogue et de développement (21 mai 2005) a constitué un signal fort, rappelant l’un des grands enjeux de la 33e session de la conférence générale de l’UNESCO, qui se tiendra à Paris, du 3 au 21 octobre 2005. A cette occasion, les Etats membres de l’organisation examineront en effet l’avant-projet de convention sur la protection de la diversité des contenus culturels et des expressions artistiques, les consultations entre Etats se sont multipliées et intensifiées ces derniers mois, tant au niveau bilatéral que multilatéral.
Les industries culturelles (édition, musique, audiovisuel, électronique, jeux vidéo, Internet…) sont au cœur du débat sur la diversité culturelle. Leur dimension internationale fait d’elles un enjeu majeur pour l’avenir en termes de liberté d’expression, de diversité culturelle et de développement économique. Leur carte mondiale montre le fossé qui existe aujourd’hui entre le nord et le sud. L’UNESCO a fait de l’audiovisuel un vecteur essentiel de la promotion de la diversité culturelle et a notamment lancé, en mai 2002, une initiative en faveur des cinémas du monde, en collaboration avec le Conseil international du cinéma et de la télévision. L’enquête mondiale sur les cinémas nationaux, réalisée en 1999, a permis, au-delà d’indicateurs et de données statistiques, de souligner les possibilités existantes pour améliorer la diversité culturelle grâce à l’industrie de l’image.
L’UNESCO s’efforce, parallèlement, de développer l’Alliance globale pour la diversité culturelle dont l’objectif est d’assurer une offre diversifiée des biens culturels sur les marchés nationaux et internationaux. Quelques semaines avant la conférence générale de l’UNESCO, la conférence internationale de l’Alliance globale sur le thème « Partenariats en marche » (12 et 13 septembre 2005), réunira, dans les locaux de l’organisation, des représentants d’entreprises, de la société civile, de gouvernements et d’acteurs des industries culturelles dans le monde.
Au niveau de l’Union européenne, la Commission a pris position sur la question d’un instrument international sur la diversité culturelle et a été mandatée par le conseil des ministres de la culture pour assurer la communication d’une position coordonnée de la Communauté et de ses Etats membres à l’UNESCO sur le projet de convention afin, notamment, de veiller à ce que les dispositions de cette dernière soient compatibles avec l’acquis communautaire ainsi qu’avec les principes fondateurs de la préservation et de la promotion de la diversité culturelle inscrits à l’article 151 du Traité de l’Union.
Parallèlement, à l’initiative de plusieurs pays, les Etats membres ont poursuivi le dialogue et la concertation afin de favoriser un rapprochement et de définir une position commune sur la diversité culturelle. Les rencontres pour l’Europe de la culture, qui ont réuni plusieurs centaines de responsables politiques, artistes et intellectuels européens à Paris, les 2 et 3 mai 2005, s’inscrivaient ainsi dans la continuité de la conférence organisée à Berlin les 26 et 27 novembre 2004, intitulée « Donner une âme à l'Europe » et se poursuivront, à l’automne prochain, à Budapest. Le grand débat sur l’Europe de la culture est en cours et est sorti renforcé des rencontres de Paris par la signature, par l’ensemble des ministres européens de la culture, de la « Déclaration en faveur d’une charte pour l’Europe de la culture ».
Ces rencontres entre Etats membres sont autant d’occasions de réaffirmer la position française sur la diversité culturelle et sur ses enjeux, dans le prolongement du discours de M. Jacques Chirac au Sommet mondial du développement durable (Johannesburg, 3 septembre 2002), tant dans le cadre européen que dans celui des instances internationales, non seulement à l’UNESCO mais aussi au sein de l’Organisation mondiale du commerce où se poursuivent les négociations commerciales dans le domaine des services culturels et audiovisuels.
La Commission européenne et les Etats membres ont également le souci de poursuivre le dialogue, soit avec les proches voisins européens, soit avec les partenaires d’autres continents :
L’Agence internationale de la francophonie, permet à la France de poursuivre les échanges de vues sur les grands dossiers internationaux avec les 49 autres Etats et gouvernements de tous les continents qui en font partie. Au-delà des actions conduites par l’AIF sur la diversité culturelle, nombreux sont ses membres qui se sont fortement mobilisés pour la promouvoir. Le ministère de la culture et des communications de la province du Québec s’est ainsi doté d’un secrétariat gouvernemental à la diversité culturelle dont le dernier bulletin d’information permet d’avoir un point de vue nord-américain sur la diversité des expressions culturelles, à quelques semaines de la conférence générale de l’UNESCO.
La société civile entend également jouer un rôle très actif dans le débat mondial sur la diversité culturelle au côté des Etats et des gouvernements. De très nombreuses ONG se sont ainsi constituées à travers le monde, à l’initiative de professionnels de la culture, sous la forme de coalitions nationales, dont 27 se sont regroupées au sein du Comité international de liaison des coalitions pour la diversité culturelle, dont le secrétariat publie un bulletin d’information faisant régulièrement l’actualité et les récents développements du dossier. Créée en 1997 contre l'A.M.I. (accord multilatéral sur les investissements négocié à l'OCDE), la Coalition française pour la diversité culturelle, anciennement connue sous le nom de Comité de vigilance pour la diversité culturelle, rassemble les organisations professionnelles de la culture (cinéma, télévision, spectacle vivant, édition, musique, arts graphiques et plastiques et multimédia) et défend la diversité culturelle face aux négociations commerciales internationales.
Le dialogue entre politiques et représentants de la société civile s’est progressivement noué à travers le Réseau international sur la politique culturelle, tribune internationale informelle chargée de consolider les politiques culturelles grâce aux travaux d’experts des Etats membres du RIPC réunis en groupes de travail ou en équipes spéciales chargées des recherches politiques. Les gouvernements peuvent ainsi explorer et échanger des idées, de concert avec la société civile, sur les enjeux de politique culturelle et élaborer des stratégies de promotion de la diversité culturelle.
La recherche sur la mondialisation et ses effets mobilise de plus en plus les experts et les chercheurs à travers le monde. Ces derniers se sont regroupés au sein du Groupe d’études et de recherches sur les mondialisations, association à but non lucratif de droit français fondée en 1999. Le réseau du GERM est aujourd’hui représenté dans une soixantaine de pays et compte parmi ses membres plus de 200 universités, centres de recherche et établissements culturels. S’intéressant aux mondialisations en cours dans tous les champs, en particulier ceux de l’éducation, de la culture et des sciences, le GERM pilote actuellement un projet communautaire de « formation à la prise en compte des mondialisations » dans le cadre du programme Leonardo da Vinci.
Avec les rencontres internationales des organisations professionnelles de la culture, les professionnels de la culture se sont, pour leur part, dotés d’un forum destiné à favoriser les échanges et à élaborer des positions communes. Les 4e rencontres se sont tenues à Madrid, du 9 au 11 mai, après celles de Montréal (2001), Paris (2003) et Séoul (2004).
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